jean fourastie
La thèse de Maxime Izoulet, en préparation, utilise et prolonge la pensée de Jean Fourastie : L’auteur part, comme Jean Fourastié, de l’histoire de la comptabilité et notamment de l’importance de la comptabilité en partie double pour le calcul du profit.
Trois séries d’articles publiés pendant le confinement et une thèse en préparation sont signalés dans l’onglet « Actualités » de Jean Fourastié : articles de Daniel Cohen, Claude Sicart et Michel Gurfinkiel et thèse de Maxime Izoulet.
Par ailleurs, quelques articles et vidéos ont été postés sur Internet en 2019-2020 ; ils sont regroupés également dans l’onglet « Actualités »
Signe du temps, en cette période de crise et de confinement, le téléphone, l'ordinateur, internet, le jeu électronique ou l'abonnement Spotify remplacent souvent, pour travailler et pour occuper le temps, livres, disques et jouets d'autrefois! L'effet du progrès technique, Jean Fourastié l'imagina il y a presque soixante-dix ans : il le désignait comme un «facteur important de l'échéance des crises ressenties depuis un siècle (et) trop rapide pour la mentalité de l'homme (qui) donne à nos esprits l'impression d'une incohérence anarchique »[1]!
Le sociologue Jean-Paul Simon, qui suit depuis quarante ans l'effet de l'informatique et des moyens de communication sur les médias, souligne que si le numérique libère de la puissance créatrice (auto-production de jeux ou de musique), certains patinent face aux plates-formes et aux réseaux sociaux (la presse, particulièrement)[2]. Ce vaste remue-méninge entraîne un vrai remue-ménage, une «destruction créatrice» des services tertiaires qui poursuit celle que Joseph Schumpeter promettait en 1947 à l'industrie[3]!
Un séminaire de recherche organisé par la Toulouse Business School et le Comité Jean Fourastié a eu lieu à Toulouse le 25 juin dernier sous le titre : Growth & Structural Change A workshop by Toulouse Business School and the Comité Fourastié, Croissance & Changement Structurel.
De nombreux modèles ont été présentés, mais le thème principal provenait d’une affirmation de Jean Fourastié : la croissance est due au progrès des techniques de production : il faut moins de travail humain qu’au siècle dernier pour produire des automobiles, des vitres ou des produits manufacturés et aussi pour cultiver le blé ou la plupart des produits agricoles… Il en est résulté une forte croissance de la production dans tous les pays mais pas forcément simultanément ; la population s’est déplacée du secteur agricole au secteur industriel et ensuite vers le tertiaire…
Mais le tertiaire n’est pas l’objet, dans son ensemble, du même progrès technique : la civilisation tertiaire à laquelle on aboutit n’aura plus la même croissance ; c’est la «stagnation séculaire»…

C’est seulement depuis le début du XIXe siècle que le prix du blé est devenu à peu près stable. Jusque-là, au gré du climat, il pouvait varier du simple au quadruple en un an, provoquant famines (encore en 1709 !) et disettes (exemple mémorable en 1789). À la fin du XIXe siècle, la nourriture du Français moyen devient plus régulière et variée, et même, progressivement, comporte de la viande. On ne peut consommer que ce qui est produit et, par exemple, Jean Fourastié attribuait le marasme économique de la fin des années trente - et la supériorité industrielle de l’Allemagne, cause fondamentale de la guerre, - à la diminution trop rapide de la durée du travail, donc de la production industrielle.
Le livre peu connu de Jean Fourastié, Machinisme et Bien-être, paru en 1951, explique sa pensée, développée dans ses ouvrages comme Le Grand espoir du XXe siècle. Avec de nombreuses références à des récits et statistiques anciens et des études récentes, remontant au XVIIIe siècle et auparavant, il relate l’histoire de la France et du monde, non celle des rois et des guerres, mais celle des famines, du temps de travail, de la condition des travailleurs, de leur niveau de vie et de leur genre de vie…
Pour lire le texte intégral en français et en anglais, cliquez ici
Nous avons la joie de mettre ce livre à disposition sur le site fourastie-sauvy.org dans sa version française de 1951 et dans sa remarquable traduction faite et adaptée par Theodore Caplow en 1960 : The causes of Wealth, grâce à l’aide efficace d’Alain Alcouffe, professeur émérite de Sciences économiques de l’Université Toulouse 1-Capitole,